André Villers, une vie en image par Josiane

Soirée rencontre le mercredi 12 avril à 20h15, dans le cadre du Mois de la photo à Belfort – au cinéma Pathé Belfort – 6 € (tarif unique)

Découvrez le texte de Josiane Bataillard sur  :

André Villers, une vie en images, de Marketa Tomanova

Quel est le point commun entre le billet suisse de 10 francs [1], Japy à Beaucourt, et les artistes – réalisateurs, peintres, écrivains et poètes : Picasso Dali, Miro, Chagall, Léger, Fellini, Brassaï, Doisneau, Cartier-Bresson, D.D Duncan, Prévert et Butor …
Un nom : André Villers.
Et son Rolleiflex. Ces deux-là sont restés fidèles l’un à l’autre. Corps à corps qui s’est trouvé un rythme, un style de cadrages, une harmonie ouverte à la rencontre.

André Villers naît en 1930 à Beaucourt où ses parents ont trouvé un emploi dans les usines Japy. Une tuberculose osseuse l’a contraint à une longue hospitalisation à Vallauris où il a passé huit années dont cinq, complètement plâtré.
Comment grandit le monde de l’adolescent couché ? Quelles larmes coulent sur la taie d’oreiller ? Quel terreau naît de l’immobilité forcée et des rêves qui le traversent ? Fulgurantes revanches et silencieuses patiences qui couvent une éclosion.
Il s’inscrit au cours de photographie dispensé au sanatorium, puis ayant recouvré l’usage de ses jambes, il déambule dans Vallauris. On lui montre Picasso, il le salue. Le peintre farouche l’invite dans son atelier. André Villers lui montre ses premières photographies. Ces deux-là se plaisent aussitôt. En 1953, Picasso lui offre son premier Rolleiflex.

Ils refont un monde à deux [2] ; des centaines de portraits, de tirages où les noirs font vibrer les transparences laiteuses des zones exposées au soleil, de feuilles de papier à cigarettes pliées, froissées, les « pliages d’ombre » selon l’expression de Butor.
Le photographe élargit son domaine, il découpe, colle, agence. Il partage son chemin de création avec Prévert et cela donne Diurnes, un livre d’artiste, avec Butor qui brode de textes poétiques les bords des bouteilles d’André Villers…

En 2014 Marketa Tomanova [3] réalise André Villers, Une Vie en images ; il est en fauteuil roulant, mais il n’a rien perdu de sa vivacité. Il travaille, projette, déchire, montre et commente ses clichés, parle de ses amis avec une sympathie naturelle, tout emprunte du bonheur qu’il a éprouvé au cours de sa vie d’artiste. Tant de bonnes compagnies partagées, sans forfanterie, une joie simple, son art toujours premier. Et lui toujours en retrait.
Marketa Tomanova approche l’homme, le cerne avec précision et douceur. Elle lui laisse toute la place pour mieux révéler l’oeuvre.

A Belfort, une exposition de ses photos avait eu lieu en 1997. A la bibliothèque municipale un in-folio regroupe quelques photographies et un texte de Michel Butor. André Villers est mort le 1er avril 2016, Michel Butor le 24 août 2016.
Et nos amours faut-il qu’il m’en souvienne ?

[1]Sur le billet de 10FCH, la photograhie de le Corbusier est d’André Villers  (http://www.snb.ch/fr/iabout/cash/history/id/cash_history_serie8)

[2]   Anne Baldassari, ex-directrice du musée Picasso, dit qu’ « André Villers a permis à Picasso de se réinventer. »

[3]Marketa Tomanova, Tchèque, études de cinéma à Paris VIII ; André Villers était un ami de s, léo Ferréa famille.

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