Félicité d’Alain Gomis par Guillaume

Soirée rencontre le mercredi 5 avril à 20h15, en présence d’Alain Gomis, dans le cadre du festival diversité et des RDV d’Entrevues
– au cinéma Pathé Belfort – 6.20 €

Découvrez le texte de Guillaume Riether sur Félicité :
Félicité chante, chaque soir, dans un bar. La musique est forte, électrique ; le rythme compte plus que tout le reste, car nous sommes en Afrique, et le temps n’a pas la même valeur qu’ailleurs.

Dans le bar, les discussions s’enchaînent, débridées, mystérieuses. On parle de choses banales, on parle du sens de la vie. Des clients avinés, lubriques, entourent Félicité, et ils dansent… La danse, habituellement le prélude à l’amour, laisse ici entrevoir le drame, ou la mort ; mais la musique est belle, elle est grande, comme Félicité, alors la nuit continue… Jusqu’à un soir où elle ne chantera pas, car elle a trop de soucis : son fils est en danger, et il lui faut le sauver.

Belle Félicité ; grande Félicité, voulant sauver son fils. Mais fière Félicité, peinant à admettre qu’on doive elle aussi l’aider, et quand elle l’admet enfin, elle part trop loin. Elle retrouve des personnes perdues de vues, retourne sur son passé, et retourne le couteau dans la plaie.
Dans ce pays, la République Démocratique du Congo, les inconnus s’interpellent par des termes affectueux : « hé maman », « hé papa », mais sans être tendres pour autant. Les arnaques, les coups-bas, ciblent d’abord celui qui est au fond du trou… Un « papa » l’informe qu’il faut de l’argent pour sauver son fils, et même beaucoup d’argent ; elle dit que ce n’est pas un problème, puis rentre seule, dans son appartement, et s’assied face au frigo qui ne marche plus depuis longtemps.

Ce film est un voyage, pour découvrir l’Afrique ou la redécouvrir, et la voir autrement, assurément. C’est l’Afrique ; non pas l’Afrique des catalogues, ou des journaux télévisés ; non pas même la « vraie Afrique », et autres fantasmes assimilés ; ici, c’est tout bonnement l’Afrique.
Après les chants mystiques et les cris extatiques, une autre musique se fera entendre et réentendre, dans les moments sombres, jusqu’à laisser entrevoir un sourire.
Félicité, la bien nommée, mérite plus que nos félicitations ; elle fait plus que sauver son fils, elle nous donne une leçon de vie, comme vous le verrez dans ce grand film signé Alain Gomis.

 

« Rencontre(s) » avec Alain Gomis autour de son film « FÉLICITÉ »

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