Je danserai si je veux de M.Hamoud par Inès

Au cinéma Pathé Belfort à partir du 12 avril
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Découvrez le texte d’Inès sur :

Je danserai si je veux de Maysaloun Hamoud
(Palestine, Israël, France – 2017 – 1h42)

On pourrait comparer ce film à un de ces morceaux d’électro qui font partie de la bande originale : dynamique, rythmé et percutant.
Je danserai si je veux raconte l’histoire de trois femmes, très différentes mais finalement assez semblables, qui partagent un appartement à Tel Aviv, comparable à un refuge contre le monde extérieur, hostile à leurs aspirations diverses. Trois personnages donc, et trois notions différentes de la liberté.

Tout d’abord il y a Nour, la dernière arrivée dans cette colocation un peu bancale mais non moins attachante. Elle est très croyante — contrairement aux deux autres — et étudie l’informatique à l’université. Elle espère trouver un travail à la fin de ses études, ce qui n’est pas tâche aisée puisque son fiancé n’est pas du même avis. Ensuite, il y a Salma, qui s’émancipe par sa rencontre avec la jolie Dounia, interne à l’hôpital. Passionnée d’électro — ce n’est d’ailleurs pas un hasard si la bande originale est jalonnée de morceaux de ce genre — Salma travaille dans les restaurants et dans les bars. Elle est une créature de la nuit, qui bouge au rythme de sa table de mixage et de l’alcool. Enfin, il y a Laila, magistrate, dont le mode de vie un peu débridé en dérange plus d’un, puisqu’elle considère que sa liberté passe avant tout par sa façon de s’habiller, la drogue et les fêtes, sans oublier son incroyable répartie.

 

Ce film est avant tout un hymne au féminisme, avant tout parce que les trois personnages s’imposent clairement comme les égales des hommes. Elles ne leur sont ni supérieures, ni inférieures. Elles souhaitent simplement être reconnues comme leurs égales et ne changer en rien leurs habitudes de vie, qui ont façonné leur identité et leur manière de se comporter.

Maysaloun Hamoud aborde cette émancipation collective avec beaucoup de justesse et de sensibilité ; le film ne verse jamais dans la caricature ou le cliché. Laila, Nour et Salma sont avant tout humaines. Elles commettent des erreurs, elles n’assument pas forcément leur identité avec leurs familles ou conjoints respectifs mais ce sont trois figures féminines fortes et inspirantes, comme le montrent certaines scènes notamment lorsque Laila s’échappe du domicile familial ou quand Nour se baigne et se laisse porter par les vagues. C’est un moment fort en symboles puisqu’il s’agit d’une sorte de renaissance, après des moments extrêmement difficiles à surmonter. Je danserai si je veux s’impose donc comme le digne héritier de mouvements féministes qui soutiennent les femmes dans la musique tels que les Riot Grrrls ou de films comme Foxfire, confession d’un gang de filles de Laurent Cantet, adapté du roman de Joyce Carol Oates, une très belle œuvre cinématographique sur un groupe de filles qui décide de vivre en communauté.

Maysaloun Hamoud, talentueuse réalisatrice et scénariste palestinienne, signe un très beau portrait de femmes et s’impose comme la porte-parole d’une génération, restée silencieuse trop longtemps.

 

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2 réflexions sur “Je danserai si je veux de M.Hamoud par Inès

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