8, avenue Lénine de V.Mitteaux et A.Pitoun par Josiane Bataillard

Valérie Mitteaux, co-réalisatrice du documentaire 8, avenue Lénine présentera son film à Belfort le jeudi 28 mars à 20h15.En partenariat avec le festival Diversité et le CASNAV de Besançon

  • Pour en savoir plus, nous vous conseillons le podcast de La Poudre, où Lauren Bastide reçoit une femme inspirante, artiste, activiste, politique pour une conversation intime et profonde. Elle a reçu il y a peu Salcuta Filan, femme et mère héroïne de 8, avenue Lénine
  • Conseil lecture en lien ici

Découvrez l’article de Josiane Bataillard sur ce documentaire

Les Roms en France ! Comment en parler ? Comment les filmer ?
Cela se passe ici et maintenant. Au kilomètre zéro la corde sensible peut vibrer à l’unisson du film – défendre l’intégration d’une famille de Roms – ou à l’opposé faire émerger des positions de rejet, de plus en plus affirmées par certaines droites dites « décomplexées »

Valérie Mitteaux et Anna Pitoun jouent sur le fil. Il faudra toute la force des sourires, malgré l’adversité, de Saculta Filan et de ses deux enfants, émigrés après le décès du mari et père en 2002, pour convaincre les sceptiques.  Elle voulait que ses enfants aillent à l’école

Achères, dans les Yvelines en  2003 : un maire communiste, Alain Outreman, un conseil municipal soudé, un camp de Roms. Un arrêté préfectoral ordonne  le démantèlement, les reconduites à la frontière. En une soirée il faut trouver une solution pour sauver, au moins,  les trois familles avec enfants. Le curé,  les institutrices, certains voisins,  sont de la partie. Salcuta et ses deux enfants Denisa et Gabi seront sauvés. Dix ans plus tard ils recevront leurs « papiers »

Un financement participatif  complète le budget et le film démarre.

Les enfants grandissent, Salcuta emménage dans un logement neuf… Mariages, petits enfants…
Le conte va bon train, mais il y a des péripéties, des oppositions. Apparemment intégrés, ils restent Roms, venus de Roumanie, toujours susceptibles d’être suspectés n’être pas tout à fait « comme il faut», en France comme en Roumanie quand ils vont enfin revoir leur village.

Une bombe ! Petite bombe à retardement ce documentaire. Du poil à gratter pour  les bien établis, les bien pensant, les nostalgiques d’une France peuplée d’un type de Français qu’eux seuls savent définir selon des critères fantasmés d’une pureté qui n’a d’autre nom que le besoin d’un exutoire, d’un bouc émissaire. Cela évite de penser, d’analyser.

Alain Outreman n’a pas été réélu en 2014, Marc Honoré LR, l’a remplacé.

Le film met en parallèle des images de Salcuta au volant d’un petit bus, elle roule pour revoir son village natal, la tombe de son mari, sur fond de propos de Marine Le Pen, de députés – probablement – hongrois, roumains – tous convaincus que les Roms sont un fléau.

Un joyau. Petit joyau qui montre qu’un maire, des élus, des citoyens de gauche, des croyants ou non croyants, peuvent soulever une montagne.

Mais que. Que les forces réactionnaires font le guet.

Josiane Bataillard

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