Entretien avec les réalisateurs de Nous les coyotes

Hanna Ladoul et Marco La Via, réalisateurs de Nous les coyotes, seront à Belfort le mercredi 13 mars 2019 à 20h15 pour accompagner leur film au cinéma.
En attendant de les rencontrer, voilà un extrait d’entretien :

Vous êtes tous les deux français alors pourquoi tourner votre premier film à Los
Angeles ?
Tout a commencé à Paris en 2012. Nous étions encore étudiants et nous avons vu le film Bellflower au cinéma. Porté par un collectif de jeunes réalisateurs et comédiens américains, ce film indépendant a été conçu avec un budget de seulement dix-sept mille dollars. Nous avons sympathisé avec l’équipe grâce aux réseaux sociaux. Sans même connaître Los Angeles, nous nous voyions déjà y vivre et essayer de faire notre place dans le milieu du cinéma indépendant américain.
Nous sommes allés aux États-Unis pour les vacances d’été 2013 et en arrivant à Los
Angeles, nous avons eu un vrai coup de foudre pour la ville, la lumière, l’ambiance et les gens. Assez spontanément, nous avons décidé de rester. Très rapidement, nous avons commencé à écrire des scénarios, en nous finançant
grâce à des petits boulots alimentaires et des postes d’assistants sur des tournages.
Nous avons même fini un jour par collaborer sur le nouveau film que tournait cette même équipe de Bellflower. S’installer là-bas sans préparation, sans économies et sans point de chute n’a pas été facile et c’est en partie ce qui a inspiré Nous les coyotes.
Comment Los Angeles est-elle passée de source d’inspiration à protagoniste de votre film ?
Dès notre installation, nous avons commencé à observer Los Angeles et ses
habitants avec beaucoup de curiosité, en prenant note de tous les détails qui font
de cette ville un endroit parfois inspirant et stimulant mais souvent consternant et
démoralisant. La gentrification galopante et la misère émotionnelle de certaines
classes aisées contrastent avec l’énergie qui se dégage de la ville et la résilience de
ses jeunes artistes. Certains des quartiers les plus sous-estimés et sous-représentés
sont devenus l’objet de notre fascination.
Nous avons aussi vu et connu beaucoup de jeunes couples dans les milieux
artistiques qui se sont installés comme nous à Los Angeles, et pour qui ce cap a été
une épreuve. Nous avions toute la matière pour envisager notre film. Lorsque nous avons commencé l’écriture de Nous les coyotes, nous voulions à la fois raconter l’histoire ordinaire et universelle d’Amanda et Jake, mais aussi capturer ce que nous percevions de la ville, en évitant les clichés touristiques. Los Angeles est devenue un personnage à part entière.
Tout au long du film, la ville agit sur Amanda et Jake. Elle fait preuve d’autant de
clémence et de générosité que de cruauté et d’exclusion à leur égard. Perchés sur
Mulholland Drive, Amanda et Jake sont joyeux et optimistes, prêts à prendre la
ville d’assaut, mais à quelques encablures, les entrailles du métro les avalent à la
recherche désespérée de leur voiture emportée à la fourrière. Los Angeles est la ville des rêves brisés mais aussi celle de tous les possibles.
Comment avez-vous élaboré l’histoire d’Amanda et Jake ?
Très rapidement, nous avons souhaité évoquer la violence des rapports sociaux et
familiaux aux États-Unis en nous basant sur l’expérience de héros ordinaires. Nos
protagonistes devaient à la fois partager les mêmes désirs tout en venant de milieux très éloignés. Ainsi, Amanda vient d’un milieu qu’on considère en France comme plutôt bourgeois, c’est-à-dire de la middle class américaine. Cette partie de la population américaine a été fragilisée par la crise de 2008 et vit dans une peur constante du déclassement. Amanda ressent beaucoup de pression au début du film. En effet, pour que ses parents soient rassurés, il est essentiel qu’elle fasse les bons choix dans ses études, dans sa carrière et surtout dans ses relations. Jake vient d’un milieu modeste et connaît des rapports familiaux plus distants. Il n’a pas fait d’études supérieures, ce n’était envisageable pour lui, comme pour beaucoup d’Américains de classes modestes qui n’en ont pas les moyens. Amanda et Jake arrivent alors ensemble à Los Angeles avec les mêmes désirs et la même fougue, tout en ayant des attentes et des ambitions très différentes. Leur couple s’en trouvera d’ailleurs fragilisé.

Entretien complet à retrouver ici

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