Note du réalisateur / What you gonna do when the world’s on fire?

CINÉMA & HISTOIRE / Découvrez la note d’intention du réalisateur

Rencontre avec Pascale Smorag, maître de conférence en civilisation américaine à l’Université de Besançon, autour du documentaire de Roberto Minervini What you gonna do when the world’s on fire? le mardi 19 mars à 20h15.

En partenariat avec le festival Diversité et l’UTBM dans le cadre de la semaine de lutte contre le racisme.

J’ai raconté les histoires du Sud des États-Unis dont j’ai été le témoin de manière complètement inattendue. J’ai suivi des communautés de l’Amérique contemporaine, un terreau où les graines de colère et de révolte dirigées contre les institutions (celles-là mêmes qui ont permis à Donald Trump de devenir président des États-Unis) étaient déjà bien implantées, sans que personne ne s’y intéresse. Cette fois-ci, je souhaite aller plus loin et remonter à la racine des inégalités sociales aux États-Unis en traitant spécifiquement de la condition des Afro-Américain•e•s. Je suis parti pour un long voyage qui a débuté en août 2015, lorsque j’ai conçu le projet initial. Nous avons commencé les repérages en novembre 2016, et observé plusieurs personnes. À ce moment-là, nous avons tissé des liens étroits avec de nombreuses personnes. Grâce à eux, nous avons eu accès à des quartiers, à des communautés très difficiles à aborder. J’ai vite compris que la plupart des gens que je rencontrais avaient été extrêmement marqués par deux drames récents survenus en Louisiane : l’Ouragan Katrina, en 2005, et le massacre d’Alton Sterling, en 2016. Ces deux événements sont le fait des négligences de la part des institutions, des fossés économiques et sociaux entre riches et pauvres et d’un racisme endémique très puissant. Habités par la colère et la peur, ces gens ont saisi une opportunité de prendre la parole pour raconter leur histoire. En 2017, au cours du tournage, je me suis concentré sur quatre personnages principaux, dans quatre contextes différents : Judy et sa famille nombreuse ; deux jeunes frères nommés Ronaldo et Titus ; le Chef Kevin, qui appartient à la communauté des Indiens de Mardi Gras ; et les Black Panthers. Judy se bat pour faire vivre sa famille. Elle doit par ailleurs gérer la fermeture imminente de son bar ainsi que l’expulsion de sa mère, âgée de 87 ans, deux conséquences de la gentrification impitoyable qui est à l’oeuvre dans des quartiers habités par les communautés noires depuis longtemps. Ronaldo et Titus essaient de comprendre ce que leur enseigne leur mère, en attendant que le père de Ronaldo sorte de prison. Le groupe révolutionnaire des Black Panthers enquête pour faire la lumière sur les tueries racistes de Louisiane et du Mississipi et organise des manifestations contre les violences policières.

J’espère que ce film donnera une visibilité, essentielle, à la question du racisme et à la détresse actuelle des Afro-Américain•e•s, confronté•e•s aujourd’hui plus que jamais à une recrudescence de crimes haineux et aux politiques discriminatoires. Comme me l’a dit Judy : “Avec Katrina, on a tout perdu. Mais pour peu qu’on prenne soin de nous, il nous reste encore tant à donner.”

Roberto Minervini – août 2018

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